Après le confort, le réconfort

Expression dont très peu de monde sur notre planète connait véritablement la genèse.

Cette formule a, pour ainsi dire, l’air d’avoir été inventée pour stigmatiser des rentiers ou  des retraités. Mais saviez-vous qu’à l’origine, elle fut inventée pour un potentiel candidat aux plus hautes fonctions étatiques ?

Et pas n’importe lequel des candidats. Gaston Lagaffe, récurrent vainqueur de l’épreuve de flemme olympique.
Un soir, en se brossant les dents, il s’est dit : « m’enfin, le pays va si mal, je suis certainement capable d’apporter ma pierre à l’édifice et de me présenter aux prochaines élections. Je vais lui montrer de quel bois je me chauffe, moi, à la crise ».
19911213 Gaston Lagaffe

Avant de sauter le pas, il a tout de même commandé une étude, et notamment des propositions de slogans, reflétant les valeurs qu’il véhicule au quotidien. Un publiciste du nom d’Yvan Dufric l’a donc suivi pendant une semaine, participant à toutes ses activités. Dufric a retiré de cette expérience unique le slogan suivant : « Après le confort, le réconfort », arguant que c’était l’essence même de l’existence intrinsèque transfigurée par son client. Et ce, jour après jour ! Mais oui !

Gaston venait d’arriver aux éditions Dupuis ce matin-là lorsque cette punchline lui fut communiquée par SMS. Sublimé et ragaillardi par un énoncé si percutant d’intelligence, il décida de s’octroyer une pause avant de commencer son travail. M’enfin… Comme tous les matins quoi.

Oui, mais sans confort ?

Gaston profitait de ce temps de repos pour méditer sa nouvelle condition, lorsqu’il se rendit compte que, pour un chef de gouvernement, de confort il n’y a point ! Donc, de réconfort encore moins ! Il a certes commis là une erreur de jugement, mais passons.
Non, ne passons pas, profitons-en pour instiller un peu de sagesse : ce n’est pas parce que le réconfort vient après le confort, qu’il ne vient qu’après le confort. Il peut très bien venir d’ailleurs !

Il n’empêche. Gaston Lagaffe décida de s’en tenir à son confort habituel. Il renonça à un destin digne des plus grands, ce qui le fit se sentir plus grand encore.


Je tiens cette anecdote de M. Théo Lamé, président de l’agence Pubis, patron de Dufric. Je l’ai rencontré dans une rame de métro en panne, bloquée entre deux stations. Nous avons discuté et il me l’a racontée lorsque je lui ai parlé d’un site web que je souhaitais créer pour jouer avec la langue. Qu’il en soit ici remercié.

Une note pour finir, et je suis sûr que Gaston n’en sera pas offensé. En rédigeant cet article, je me rends compte que ce slogan s’applique aussi parfaitement à nos amies les bêtes. Vous savez, celles qui roupillent allègrement sur un canapé entre deux repas :

un chaton s'étire sur un canapé


Et vous, auriez-vous renoncé, comme Gaston ?

Crédit photo : pixabay

José Finn

Postez un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.