Dépasser les burnes

Avant d’effectivement parler burnes, quelques légères bifurcations s’imposent.

« Je m’en bats les reins »

Je me trouvais un matin dans un bus de la RATP (transports parisiens). Il me semble que nous voguions vers Rungis, ses fruits, ses légumes mondialement connus.

A un moment, j’entends un individu de sexe masculin, donc possesseur de couilles, dire : « je m’en bats les reins ».
Cette situation, cette phrase, est restée dans ma mémoire du fait de ce que j’imaginais constituer un paradoxe.
En effet, le sus-mentionné bitesticulé semblait s’adresser à un ami, non pas à son patron par exemple. Or, s’il existe bien des personnes avec lesquelles on peut se laisser aller à inventer des formules comme « it’s pète burnes mich », ce sont bien ses amis ! J’ai malgré tout estimé son effort de politesse tout à fait louable.

« Ça me casse les couilles »

Un autre jour, une jeune femme me parlait de quelque chose qui, je cite, lui « cassait les couilles ».

Noix

Cette fois-ci j’ai retenu la scène en raison d’un contraste.
D’un côté, une jeune femme belle et élégante, dont j’ai pu penser qu’elle voulait impressionner ou apparaître comme mystérieuse.
De l’autre, son ingénuité, ou sa spontanéité, ou que sais-je encore, qui l’a laissée employer ce mot.

Lequel mot peut être qualifié de vulgaire, fruité, ou frais, mais ce serait passer à côté de l’essentiel : son emploi est surtout métaphorique. D’autant que, comme disait Jean-Marie Bigard :

J’ai pas dans l’idée qu’une couille, ça casse ! C’est vachement élastique une couille.

Je pourrai vous réciter de mémoire la suite du sketch, mais je préfère l’original. Donc si quelqu’un a un lien vers une vidéo faites-moi signe !

« Vous dépassez les burnes »

J’en viens à l’expression qui nous occupe. A l’origine, elle fut inventée par un homme souhaitant s’adresser à une femme. Il voulait dire par là qu’elle dépassait les bornes, et ce uniquement, selon lui, dans le but de montrer qu’elle en avait de plus grosses que lui. Or nous avons vu que les burnes en question sont virtuelles, imaginaires. Cette expression peut donc en réalité être utilisée par, et envers, toute personne.

Exemple

Citons encore une fois une oeuvre de Madame le Docteur Ma Boule, intitulée « Convenues déconvenues du Professeur Roberts » :

– Martine, n’essayez pas de me faire croire ça ! Votre tentative de me faire renoncer à briguer ce poste n’est pas motivée par des raisons objectives. Vous dépassez les burnes.


Une de mes connaissances disait :

quand on dépasse les bornes, y’a plus de limite !

Et quand on dépasse les burnes ?… Y’a plus de… moumoute ? C’est ce que j’ai trouvé de mieux. Si vous avez une meilleure proposition ne vous gênez pas, faites-nous en profiter !

José Finn

4 commentaires

  1. Pour répondre a interrogation laissée en suspends (comme le sujet de l’article) :

    quand on dépasse les bornes, y’a plus de limite !
    Je me permet de proposer ,
    quand on dépasse les burnes, y’a plus de mérite !

    Rapport à la classe perdue de l’expression entre autres.

    Très sympa le blog BTW

    1. Merci Marc,
      Je t’en prie, permets-toi !
      Ta proposition m’a fait réfléchir, j’ai médité pendant 5 bonnes minutes sur le mérite de ne pas dépasser les burnes…
      Du coup je la trouve intelligente j’aime bien

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